I had to find a passage back to the place I was before

Notre expérience à la frontière

Notre petite caravane. Destination: Mexique!

Baja California. La Basse Californie. Terre des dune buggies, routes horribles (voir inexistantes) et terrain de jeu des gros 4×4. La péninsule est en grande partie un grand désert bordé de plages sur chacunes des côtes et saupoudré de quelques petits pueblos et villes, généralement séparés par quelques heures de route.

Bon, je vais être le premier à dire que je ne savais pas trop à quoi m’attendre sur la péninsule de Baja California, idem pour Geneviève et nous savions encore moins ce qui nous attendait à la frontière. Tous deux n’avions séjourné qu’une seule fois au Mexique préalablement, lorsque nous avions explorés pour près de 4 semaines la péninsule du Yucatàn en famille en 2017 (tiens, encore une péninsule!). Cette dernière regorge de ruines, de villes coloniales, de resorts et est recouverte d’une verdoyante jungle. Et la baja? Eh bien, je crois n’avoir jamais vu autant de cactus de ma vie, il n’a pas plut pour les 25 jours que nous y avons séjourné (nous avons passés au mions trois tubes de baume à lèvres car l’humidité ambiante devait tourner aux alentours de 0%) et nous avons découvert que la pêche y était excellente!

Mais revenons un peu en arrière, le sujet de cet article ne sera pas la Baja mais plutôt notre tentative d’entrer au pays. Notre dernière nuit aux États-Unis fut passée au Chicken Ranch de Doug, et le lendemain matin notre jolie petite caravane de voyageurs s’est rendue à la frontière de Tecate (aussi le nom d’un bière bon marché mexicaine). Traverser la frontière fut un peu comme la scène dans “Les Douze Travaux d’Astérix” qui a lieu à la maison des fous et est certes emblématique de notre expérience Mexicaine.

En premier lieu, il faut avoir une assurance automobile qui couvre au minimum la responsabilité civile. Hélas, aucune compagnie d’assurance automobile canadienne n’accepte de couvrir au Mexique (et il se peut que cela leur soit interdit). Heureusement, un petit strip mall bien déprimant du côté américain de la frontière contenait deux bureaux d’agents d’assurances et le tout s’est réglé relativement rapidement et sans trop de tracas.

Ensuite, il faut se rendre à la frontière (nos amis européens eux devaient en premier lieu passer à la douane américaine pour faire leur check-out). Ici il faut comprendre que nous avions pris la peine de lire à propos des normes et procédures mexicaines pour la douane et l’immigration. En principe, il y a une inspection et un confiscation de plusieurs types d’aliments, notamment viandes, légumes, fruits, etc. Également, la documentation officielle indique qu’il faut avoir un rapport datant d’au maximum 10 jours d’un vétérinaire pour traverser avec des chiens, en plus de toute une panoplie de vaccins et certificats de traitement. Nous avions tout, sauf que notre lettre de bonne santé des chiens datait de deux mois (soit du Canada). Nous avions décidés de tenter notre chance puisque les autres voyageurs auxquels nous avions parlés affirmaient tous que personne ne nous embêterait avec les chiens à la frontière terrestre.

Lorsqu’on s’est présenté à la douane, un homme souriant est entré dans le VR, a regardé les enfants, les chiens, nos passeports et nous a ensuite dit de passer la frontière. Ouep! C’était tout!

– Ah non, pas tout à fait dit-il, Il faut passer l’immigration aussi. Mais vous ne pouvez pas rester ici, votre véhicule est trop gros. Entrez au pays, allez vous stationner plus loinpuis revenez remplir la documentation d’immigration pour votre famille ainsi que l’importation du véhicule.

Il a regardé les chiens de près car ils ne voient pas beaucoup de Dachsunds au Mexique, mais ne m’a pas demandé de documentation… Nous avons décidé de ne pas poser de questions supplémentaires.

Donc on me laissait entrer au Mexique sans avoir de visa valide et sans tracas pour les chiens!

Dans la ville, nous cherchons à nous garer, tourne, tourne, tourne… pas de stationnement. Bon, ok! On stationne illégalement à proximité de la frontière car tout le monde semble se stationner illégalement dans des endroits interdits ici. J’allume la climatisation pour Geneviève, les enfants et les chiens puis je tente d’aller au bureau d’immigration et d’importation de véhicules. Ah, non, on ne peut pas y aller même si c’est tout juste de l’autre côté de la rue, il faut faire le tour, c’est à dire marcher jusqu’à la zone neutre entre les douanes américaines et mexicaines puis revenir à la douane mexicaine. Un beau circuit de 400m, même si le VR est juste en face de la douane.

Je me présente au bureau d’immigration mais il y a une longue file. La file du bureau pour l’importation du véhicule est plus courte, j’y vais pour sauver du temps. J’attends, puis à mon tour j’explique que je veux importer mon véhicule mais on m’informe que mon véhicule ne peut pas être importé si je n’ai pas mon visa d’entrée au pays (ce qui est étrange car ils accordent une importation de 10 ans pour le véhicule, peu importe la durée du visa). Bon ok… je retourne au bureau d’immigration et j’attends. Quand c’est mon tour on me dit que même si j’ai toute la documentation il faut que ma famille soit présente (oui, la famille qu’ils ont laissés entrer au Mexique déjà). Alors je quitte le bureau d’immigration et je marche et traverse la frontière piétonne. Il n’y a ni gardes ni barrières ni caméras. Je viens de re-pénétrer au pays sans contrôle de mes papiers!

Donc, Geneviève, Isaac et Loïc m’accompagnent à l’immigration qui est l’autre bord de la rue du VR en faisant le beau détour de 400m. On attend, on passe au bureau, on nous remet une facture qu’il faut payer pour que le Visa soit émis. On nous dit qu’il faut payer au même bureau qui importe les véhicules. Alors on y retourne, on attends encore, on paye. On retourne au bureau d’immigration et l’agent nous émet nos visas… et nous offre de nous vendre du miel ou de la sauce piquante à bas prix. Quoi? C’est un manque total de professionnalisme. Alors j’ai fait la seule chose raisonnable. J’ai acheté de la sauce épicée.

Maintenant on nous indique qu’il faut aller importer notre véhicule, donc on retourne au même bureau où nous avions payés la facture pour les Visas. On refait la file… et hop! On importe le véhicule. Sauf que non. Elle demande des COPIES des visas et des enregistrements. ARGH. Donc on sort, Geneviève et les enfants vont au VR et l’air climatisé. Je fais des photocopies à un petit bureau privé en face des douanes qui n’offre qu’un service: des photocopies de documents pour les douanes. Je fais des copies de tout, incluant passeports, enregistrements, assurances, permis, visas, tout. Juste au cas.

Je refais le détour de 400m pour revenir de l’autre bord de la rue du petit bureau de copies. Je fais la file… je remets mes documents pour importer mon véhicule. Excellent! Eh bien non. Il a déjà été importé par l’ancien propriétaire. C’est transférable mais ça prend les documents originaux. Je ne les ai pas, je n’ai que le collant officiel apposé au pare-brise car c’est tout ce qui est requis pour circuler.

C’est à ce moment qu’on me dit qu’il va falloir faire remplir des documents par l’ancien propriétaire. Alors ici je veux spécifier que je n’ai pas “pété ma coche”, je suis resté calme (je crois) mais j’ai laissé savoir que ce n’était ni possible ni raisonnable. La dame derrière le comptoir m’a finalement dit qu’elle allait faire annuler l’ancienne importation mais qu’il fallait approcher le véhicule (il était de l’autre bord de la rue et elle exigeait que je le stationne directement devant la douane. Illégalement. Bon, on s’y remet!

Je re-pénètre au Mexique sans me faire contrôler, je déplace le VR (non sans mal), je refais le détour de 400m, je refais la file, la dame vient avec moi, prends quelques notes, puis me dit de la rejoindre à son bureau. Elle passe directement, je tente de la suivre, mais on me dit de faire le détour de 400m encore. ARGH! Respire, respire. Je fais le détour. J’arrive à son bureau, elle me remet une feuille et me dit que je dois la faire signer au bureau d’immigration pour autoriser l’annulation de l’ancienne importation du véhicule et autoriser la nouvelle importation.

Est-ce que vous êtes sur le bord de perdre la boule? Parce qu’à ce point, moi, j’étais à deux cheveux.

Donc je retourne au bureau d’immigration, je refais la file, on signe mon document puis je retourne au bureau d’importation des véhicules. Cette fois-ci la dame a dû lire quelque-chose dans mon visage car elle m’a fait signe de sauter la file et en un rapide quart d’heure (argh!) a complétée l’importation du VR.

Et voilà, nous étions au Mexique… près de 5 heures plus tard. Soupir collectif.

Notre petite caravane s’est réunie à un petit restaurant de Tecate pour prendre un premier repas mexicain authentique et quelques cervezas pour décompresser de notre expérience douanière. Puis, hop! Quelques heures de route pour s’éloigner de la frontière qui a tendance à être la région la plus dangereuse au Mexique. Mais le reste de nos aventures en Baja feront l’objet d’un autre article. Également, vous aurez remarqué le manque de photos dans cet article. Vous comprendrez qu’il ne nous est jamais venu à l’esprit de photographier les douanes!

Pour l’instant, je laisse en haleine en vous montrant une photo de pêche de la Baja, parce que je peux!