Ce qui nous avait manqué le plus sans qu’on ne s’en rende compte

Les petites choses font le bonheur – Par Geneviève

Le 29 mars quand l’ambassade du Canada annonçait un tout dernier vol de rapatriement vers le Canada, nous étions installés dans notre maison du Salvador depuis 8 jours et étions émerveillés par tous ses attraits. Nous avons fait le choix de rester car, de toute façon, les chiens n’étaient pas permis sur ce vol. Notre belle maison à aire ouverte (sauf les chambres) nous permettait d’admirer Le soleil de plomb du Salvador les 2 pieds dans la piscine.

Le temps a passé et la saison des pluies est arrivée. La quarantaine, elle, est restée bien stricte. Aucune amélioration en vue. L’armée était partout.

Il pleut, il pleut bergère!

Au début Mai, nous avions épuisés nos idées créatives et la pluie avait apportée une quantité impressionnante de moustiques et d’insectes de toutes sortes (scorpions, geckos, crapauds, araignées) . Le chlore a manqué pour la piscine et nous avons dû faire de nos chambres des pièces multifonctionelles car notre salle à manger, cuisin et salon sont devenus pratiquable seulement 2-3 heures par jour en raison des insectes. Une seule personne par maison avait le droit de faire l’épicerie, une fois par semaine. Il était interdit d’utiliser notre VR et de sortir de notre cour. Le manque de choix à l’épicerie locale, les difficultés de transport, la chaleur extrême, l’humidité, le manque de divertissement, ne pas pouvoir manger de resto, notre isolement total, pas de four, pas de divan, pas de télé… Notre moral est devenu instable.

On a vu le Québec commencer à se déconfiner sur les réseaux sociaux et nos pensées n’étaient plus au Salvador. On était pris là pour encore combien de temps? Quand pourrions-nous repartir à l’aventure?

Puis tout s’est bousculé. Un possible vol de rapatriement dans la semaine du 25 mai. OMG!!!! Une chance en or. On doit se mettre en mode exécution.

Ok! Tous nos biens dans la vie sont dans notre vr, nous n’avons pas de meubles ou de biens au Québec n’y même d’endroit où se loger. Comment trouver un logement temporaire qui accepte les chiens, qui est meublé et à partir duquel nous pourrions nous faire livrer de la nourriture durant notre quarantaine ainsi que pouvoir se déplacer facilement par la suite pour subvenir à nos besoin? On a moins de 10 jours et un compte de banque qui baisse à la vitesse de l’éclair. Facebook tu m’as sauvé la vie! Un post et pleins de *shares*! Merci au peuple québécois et à sa grande générosité.

Le reste était gérable: transport des chiens, entreposage du VR, avion de Toronto à Montréal, valises, visas expirés, Permis temporaire d’importation du véhicule, transport jusqu’à San Salvador, transport de Montréal à notre ville d’accueuil, et j’en passe!

J’aimerais dire qu’on a été téléportés jusqu’au Québec mais comme on est partis en Taxi le 27 a 8:00 et qu’on est arrivés à notre appart le 28 a 18:00, ce ne fut pas le cas. La gestion des transports en cas de covid, ce n’est pas évident.

Toront-Pearson Vide

Bref, depuis notre arrivée au Canada, je suis submergée de pleins d’émotions. La peur n’en fait plus partis, merci.

À l’aéroport de Toronto j’ai eu mon premier choc: J’ai parlé en espagnol à au moins 6 personnes avant de réaliser que tout le monde parlait Anglais! C’est fou quand même, ça faisait 7 mois qu’on vivait dans des pays hispanophones unilingues.

En arrivant à l’appartement, j’ai allumé la télé qui avait le câble et j’ai écouté les nouvelles. Céline Galipeau avait vraiment vieillit. Teletoon la nuit: WOW! L’accent québécois de nos Simpson et Family Guy est vraiment prononcé. Je ne l’avais jamais remarqué auparavant.

Ce matin en me levant, deux nuits après notre arrivée, j’ai été envahie d’un profond bonheur parce que la vague de chaleur était passée et que ça me rendait terriblement heureuse de porter une veste et des bas. Il devait faire autour de 10-15. Je me suis fait un café et je suis allée le boire sur le balcon. J’entendais du vent dans les feuilles d’érables, je vous jure que le son n’est pas pareil quand ce sont des feuilles de palmiers! Ça sentait bon l’épinette en plus. J’ai entendu des enfants courir et crier en français Québécois et c’est là que j’ai pleuré. Le Québec m’avait manqué et beaucoup plus que juste la poutine (dont je rêve toujours d’ailleurs).

Pour déjeuner, j’ai mangé du bacon (ça faisait si longtemps) et quand j’ai cassé mon œuf dans la poêle le jaune est resté intacte et bien rond plutôt que de s’affaisser. Mon lait ne goûtait pas la tablette de mélamine et j’ai redécouvert le goût de la margarine lactancia. Ma bière ce soir goûtait enfin quelque chose même si ma facture de livraison métro goûtait le « Ayoye! C’est donc bien rendu cher icitte! »

Loïc est arrivé en courant pour me dire que des enfants parlaient français dehors; il était surexcité. Pogo a couru toute la journée d’un bout à l’autre de l’appartement en pleurant devant sa laisse pour aller prendre une marche. Moi qui pensait que mon vieux chien était mourant. Aujourd’hui il a retrouvé l’énergie de ses jeunes années.

Je te promets mon chien, je fais des X sur le calendrier pour compter le jour de notre déconfinement et on ira la prendre notre marche que tu n’as pas eu depuis deux mois et demi.Fin alement je l’aurai ma poutine « pi » on va peut être aussi se laisser tenter par un smoked meat « pi » des roteux!

Update quelques heures plus tard, dans la liste des bonheurs de la vie je rajouterais ceci: de l’eau chaude, une laveuse, jeter son papier dans la toilette prendre un bain et surtout boire l’eau du robinet mautadine qu’elle est bonne!

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