On a dark desert highway

Notre périple à travers le désert

Une « autoroute » en Baja

Article par André

La majorité de la Baja California est vide. Il n’y a rien. Zip. Nada. Nothing. Rien pantoute. Le néan (vite, il faut sauver Fantasia). En fait, ce n’est pas tout à fait vrai. Il y a des roches, du sable et des cactus en grande quantité et au milieu de tout ça une seule route. Et des plages, des kilomètres et des kilomètres de plages. Pendant nos 25 jours en Baja California, nous avons traversés de grandes étendues de pas grand chose époustouflant (les photos sont pas mal bonnes!), visités quelques petites villes isolées et rencontrés des gens biens sympathiques, tant locaux qu’expatriés.

Notre première nuit fut passée en groupe dans un terrain de camping vide qui accepte des dons volontaires afin de financer la construction d’une école. Notre petite caravane comportait, outre notre famille, un couple français voyageant en Westfalia, deux familles françaises de quatre en motorisé (camping car pour les européens) et une famille suisse de 5 en fourgon 4×4 aménagé. Nous avons voyagé ensemble à plusieurs reprises lors de nos 25 jours en Baja, ce qui a permis aux enfants de se forger de solides amitiés et, pour nous les adultes, nous a permis de domestiquer le Mexique quelque peu. Ou, plutôt, il nous a permis de dompter nos peurs et réviser nos idées préconçues sur ce dernier.

N’empêche que je conserve toujours une idée préconçue et elle reste solidement ancrée: les routes sont horribles. En fait, c’est presque un art raffiné ici au Mexique de rendre les routes terribles. C’en est tellement ridicule parfois, qu’on se demande s’ils le font exprès, soit comme moyen de défense contre les gringos envahisseurs, soit comme expérience darwinienne gigantesque, ou encore simplement pour rigoler. J’imagine alors des concours d’échanges de photos sur Facebook entre ingénieurs et travailleurs de la construction mexicains qui tentent tous de se surpasser avec des infrastructures de transport toutes pires les unes que les autres.

Je crois que j’ai réussi à vous faire comprendre que les routes sont mauvaises. À la toute fin je vais faire un petit annexe pour vous expliquer comment elles le sont. Pour l’instant revenons à nos moutons.

Notre convoi s’est tenu en un seul groupe pour quelques nuits puis, au fur et à mesure qu’on prenait confiance, certains des membres ont faits leur propre chemin. Nous inclus. Mais, hormis dans le nord de la Baja California (où nous étions en convoi), il n’y a qu’une seule route ici, alors on fini toujours par se croiser (et prendre un petit apéro).

La vie sur la route change notre perspective sur le temps. Avant d’entrer au Mexique nous étions déjà en mesure d’affirmer avoir complètement perdu la notion de jours, semaines, mois, saisons. La première chose qu’on remarque après quelques jours au Mexique, c’est que tout ralenti soudainement. Si nous avions perdu la notion du temps, maintenant nous avions oublié le concept lui-même. Nos 25 jours nous ont semblés à la fois une éternité et un claquement de doigts.

De grandes parties de la péninsule Californienne sont désertiques. Le sable et la poussière trouvent une façon de pénétrer dans toutes les crevasses, tous les recoins, tous les espaces derrières les tiroirs qu’on n’a jamais même ouvert. Mais, c’est le prix à payer pour camper dans le désert et… sur la plage! Nous avons eu la chance de séjourner très, très souvent seuls sur des plages paradisiaques, le BBQ sorti avec un poissons fraîchement attrapé qui grille, les chaises installées sous l’auvent, les enfants jouant sur la plage et une Michelada bien froide entre les mains. Slow time.

Oui, le temps a ralenti et nous en avons profités pour être en famille. Les enfants (petits et grands) on pêchés. Au début, ça ne mordait pas. Notre équipement d’eau douce ne faisait pas l’affaire. Mais, à force de parler avec des locaux et observer leurs techniques et l’équipement, nous avons réussis à assembler un kit de pêche plus approprié pour pratiquer le sport depuis la plage, mais il me manquait encore une canne à pêche plus longue et rigide. Les commerces ici sont très peu communs (c’est le désert!) et leur inventaire a tendance à être maigre et coûteux.

Mon gros 4×4 qui me manque.
Mais celui-ci me ferait oublier Clifford!

Outre le désert qui ne demande qu’un gros 4×4 et des gallons de diesel, il n’y a que peut de lieux à visiter en Baja. Du nord au sud il y a… eh bien il n’y a rien dans le nord. Oui, il y a des villes mais rien que nous ne recommandions de visiter. En plein milieu de la péninsule il y a une petite ville industrielle sans attraits particuliers du nom de Guerrero Negro. Elle est adjacente à une Baie où (en saison) on peut observer les baleines grises. Nous n’étions pas en saison.

Nos allemands malchanceux et le doigt de Geneviève.

Mais nous avons rencontrés un couple d’Allemands qui avait brisé la transmission de leur VR européen. Oups. On leur promettait que tout serait réparé en 7 jours. C’est long mais bon, encore chanceux qu’ils puissent faire réparer. Je leur ai parlé récemment. Ça a pris environ 5 semaines. Oups. En fait, il y avait un attrait: une saline. Une énorme étendue de bassins où on fait évaporer de l’eau de mer pour faire du sel. Des kilomètres et des kilomètres de sel. Ça a occupé un après-midi pour nous. Je ne sais pas si ce couple Allemand a eu la chance de faire la visite plus d’une fois lors de leur séjour à Guerrero Negro…

Il y a aussi San Ignacio, qui est un petit Oasis au milieu du désert. Il y a Santa Rosalia qui a un petit noyau charmant et où peut trouver une excellente baguette française. Toutefois, l’administration de Santa Rosalia, qui se trouve sur la côte est de la péninsule et où un fort vent dominant souffle vers l’est (et donc vers la mer), a décidée de placer un énorme dépotoire de surface à ciel ouvert à 10 mètres de la Mer de Cortez. Eh oui, le vent pousse tout (TOUT) dans la mer. Dommage.

Il y a aussi Mulegé, où les poissons sautent sans cesse dans les canaux et au large et où Isaac a attrapé le poisson le plus laid du monde. Désolé, pas de photo. J’ai eu trop peur. Il y a la Bahia Concepcion, où nous avons vu une plage qui pourrait être candidate pour la plus belle du monde.

Aux trois quarts du chemin entre la limite nord de la Baja et la pointe sud, il y a Loreto. Une belle ville de style coloniale un peu infestée de gringos mais qui, néanmoins, a beaucoup de charme. Justement, nous y avons rencontrés un dénommé “Alberta Al” qui nous a offerts plusieurs bières, a jasé avec nous longuement et qui, lorsque j’ai commenté que je ne trouvais pas de canne à pêche appropriée, m’en a donnée une! Qui dit que le Québec et l’Alberta ne peuvent pas s’entendre? Peu de temps après nous avons connus beaucoup de succès. Geneviève a également eu beaucoup de plaisir à nager avec les nombreuses raies que l’on trouve dans les eaux peu profondes près de la plage. Une caméra épreuve à l’eau eut été utile.

Puis il y a La Paz. Une belle grande ville avec un Malecon (bord de l’eau) impeccable et possiblement les meilleurs tacos de notre voyage jusqu’à présent. Geneviève tenait absolument à voir les festivités du jour des morts et ce depuis longtemps. C’était l’un de ses rêves et tout le monde à qui nous parlions disait la même chose: Allez à Todos Santos. Il y a également une plage spleeeeeeedide au nord de la ville.

Plage au nord de La Paz

Todos Santos est justement la prochaine petite ville que l’on croise après La Paz. Nous y sommes arrivés un peu à l’avance et avons célébrés l’Halloween avec certains de nos co-convoiristes en se promenant de commerce en commerce pour demander des bonbons. Les enfants étaient tellement heureux, même avec leurs costumes improvisés à la dernière minute. La seconde journée nous avons profités des pré-festivités de la fête des morts à la plaza centrale. Il y avait des gens costumés pour le concours de Catrina et les hotels étaient tous décorés, il y avait de la bonne nourriture de rue et une présentation de Coco (le film) . Le jour des morts nous nous sommes présentés à la Plaza centrale pour les grandes festivités qui étaient annoncées partout. Et… nous avons “virés de bord”. Il fallait payer jusqu’à 10 000 pesos pour entrer (ce n’était indiqué nulle part!). Il y avait apparemment une très grande chanteuse mexicaine et les places étaient (très) limtées. Bon… dommage. Bière pour nous et jus pour les enfants sur une terrasse alors!

Ensuite, il y a Los Cabos. Le sud de la péninsule. Les deux grandes villes sont… correctes. Ce sont d’énormes destinations touristiques et donc il y a de gros hotels, les plages sont extraordinaires (nous avons eu un coup de coeur pour la Playa Santa Maria) et tout est très cher (comment les locaux vivent-ils ici?). Mais, à la sortie d’un Walmart, un représentant bien enthousiaste nous a offert trois jours d’accès à un resort, un buffet et la nage avec les dauphins pour les enfants si nous acceptions d’aller écouter une présentation sur des “Time Share”. Vous savez, cette formule selon laquelle on devient membre d’un club qui partage le temps d’un propriété entre plusieurs propriétaires. D’accord, pourquoi pas? Une heure et demie contre tout celà nous semblait en valoir la peine. C’est ainsi que nous avons fait la farniente sur le bord de la piscine et que les enfants on nagés avec des dauphins. Le tout pour 0$. Isaac a même appris à nager sans flotteurs!

Tout juste avant de prendre le traversier pour Topolobampo, nous avons séjournés quelques jours splendide sur la côte est et la pêche a littéralement explosée. Les enfants se sont baignés, nous avons grillés du poisson et notre bronzage s’est grandement amélioré.

Ah oui, j’allais presque oublier. La plongée en apnée a été splendide partout. Ça tombe bien parce que c’est l’un des dadas de Geneviève. Nous songeons justement à acheter une GoPro épreuve à l’eau afin de partager nos futurs aventures sous l’eau avec vous.

Notre expérience pour réserver une place sur le traversier ressemblait un peut trop à la traversée de la frontière mais, heureusement, nous avions depuis développé une patience et une connaissance de la manière que fonctionne la bureaucratie mexicaine. Finalement, nous avons réussis à payer moins que la moitié du prix affiché. Une bonne fin pour notre aventure en Baja.

Bon, maintenant je vais chiâler et ça va faire du bien. Voici un petit annexe énumérant de manière non-exhaustive les problèmes de routes Mexicaines (mais surtout de la Baja):

  • Parfois il y a des trous. Des nids de poules, on ne s’en fait pas avec ça. Ici on ne se donne pas la peine d’éviter quoi que ce soit de plus petit qu’un nid d’autruche. Et les nids de brontosaures, qui menacent d’arracher un essieu ou, pire, la valve du réservoir des eaux noires à chaque fois qu’il est impossible d’en éviter un, sont plus communs qu’on ne le croirait. Ils sont présents partout saufs dans les villes les plus riches et les autoroutes payantes.
  • Parfois, au lieu de trous, il y a des bosses, voir des sauts qui, si on les frappe à la limite de vitesse affichée, font quitter du sol les roues du véhicule!
  • La signalisation est soit déficiente, soit inexistante, soit schizophrène. Plusieurs routes n’ont aucune limite de vitesse indiquée. Parfois on peut voir 4 panneaux en l’espace de 300m sur une autoroute et ils indiquent tous une vitesse différente. Parfois la vitesse saute de 60 à 100 km/h 150m avant la courbe la plus serrée et dangereuse qu’on puisse imaginer (et qui doit être entreprise à 40 km/h tout au plus). Il n’y a souvent pas de panneaux d’arrêt (Alto ici) et s’il y en a ils sont souvent placés au mauvais endroit. Nous avons vus, entres autres, de l’autre côté de la rue, 50m avant l’intersection, peinturé sur un immeuble et un panneau tellement vieux qu’il était rendu au métal nu. Ah, et il ne faut pas oublier que souvent, il y a des panneaux qui indiquent que la vitesse est réduite (pour une ville ou un arrêt d’autobus sur l’autoroute) mais il n’y a presque jamais de panneau indiquant que la vitesse est rehaussée. On doit donc deviner quand on pense qu’on peut conduire plus vite. Ou on peut faire comme les locaux et ignorer toute la signalisation.
  • La signalisation pour les travaux de construction n’est jamais enlevée une fois les travaux terminés et est fréquemment déficiente lorsque les travaux sont toujours en cours. Ainsi, on peut rouler à 90 puis soudain des affiches nous affirment qu’on doit ralentir et circuler à 40 car il y a des travaux, mais il n’y en a pas! Le résultat? Tout le monde ignore toujours la signalisation pour travaux. Le pire c’est quand il y a des affiches indiquant de prendre un détour (souvent une piste de terre atroce) et qu’on se rend compte par la suite que la route était en fait praticable.
  • Les routes sont souvent étroites et sans accotement. De sortes qu’il n’y a environ que 20 cm de voie de part et d’autre du véhicule. En plus de ne pas y avoir d’accotement, la bordure de la route est souvent un fossé profond. Le problème est accentué par le fait qu’ils ont la mauvaise habitude ici de rajouter du bitume par dessus la vieille chaussée chaque fois qu’ils rénovent une route plutôt que d’enlever le vieux revêtement. Le résultat est que même s’il y a un accotement, il se peut qu’il y ait un dénivelé de 30 cm entre celui-ci et la chaussée.
  • Parfois, il n’y a plus de route en raison de travaux. Plutôt que de faire une voie de déviation pavée, il est fréquent de faire circuler les gens sur des sentiers de terre battue parallèles à la route en construction. À d’autres occasions, on nous a fait passer pendant de longs, longs kilomètres par ce qui semblait être d’anciennes pistes de mulets. Il y a eu un segment de 100 kilomètres de notre voyage qui s’est composé de segments de 300-500m de routes pavés suivis de détours variant de 1 km à 30 km sur de tels sentiers. C’est à ce moment que notre vieux camion de pompier Clifford 4×4 m’a manqué le plus.
  • Les topes. Aussi connu sous le nom de reductor de velocidad. Ils peuvent prendre plusieurs formes. Dos d’ânes abruts qui secouent tout le véhicule. Dos de brontosaures, pareils comme les dôs d’ânes mais biens plus gros. De nombreux mini dos d’ânes en succession rapide qui font vibrer jusqu’a vos os. De villains petits domes métalliques qui menacent de déformer vos pneus. Ils peuvent être peints ou non, ils peuvent être accompagnés d’une affiche qui vous avertis de leur présence ou non. Ils peuvent être placés tout juste aprés un virage aveugle dans l’ombre d’un bâtiment dans une zone de vitesse élevée sans affiche signalétique (mais étrangement à proximité d’un commerce de réparation de pneus). Les topes ont eu raison d’au moins un véhicule dans notre convoi jusqu’à présent, nécessitant des travaux de soudure au châssis pour réparer les dommages causés.
  • Il y a des vaches en liberté partout.

Bref, il faut faire attention. Ah j’allais oublier, ça vibre. Presque tout le temps. J’ai été obligé de rajouter des vis partout et dans tout pour empêcher le VR de se désintégrer.

Mais vous savez quoi? Ça en vaut la peine. Nous avons trouvés des plages désertes. Nous avons passées des soirées merveilleuses en compagnie de nouveaux amis. Nous avons vus des paysages uniques. Nous rencontrés des Mexicains souriants et invitants. Nous avons changé de rythme de voyage et nous sommes heureux.

À la prochaine!

I had to find a passage back to the place I was before

Notre expérience à la frontière

Notre petite caravane. Destination: Mexique!

Baja California. La Basse Californie. Terre des dune buggies, routes horribles (voir inexistantes) et terrain de jeu des gros 4×4. La péninsule est en grande partie un grand désert bordé de plages sur chacunes des côtes et saupoudré de quelques petits pueblos et villes, généralement séparés par quelques heures de route.

Bon, je vais être le premier à dire que je ne savais pas trop à quoi m’attendre sur la péninsule de Baja California, idem pour Geneviève et nous savions encore moins ce qui nous attendait à la frontière. Tous deux n’avions séjourné qu’une seule fois au Mexique préalablement, lorsque nous avions explorés pour près de 4 semaines la péninsule du Yucatàn en famille en 2017 (tiens, encore une péninsule!). Cette dernière regorge de ruines, de villes coloniales, de resorts et est recouverte d’une verdoyante jungle. Et la baja? Eh bien, je crois n’avoir jamais vu autant de cactus de ma vie, il n’a pas plut pour les 25 jours que nous y avons séjourné (nous avons passés au mions trois tubes de baume à lèvres car l’humidité ambiante devait tourner aux alentours de 0%) et nous avons découvert que la pêche y était excellente!

Mais revenons un peu en arrière, le sujet de cet article ne sera pas la Baja mais plutôt notre tentative d’entrer au pays. Notre dernière nuit aux États-Unis fut passée au Chicken Ranch de Doug, et le lendemain matin notre jolie petite caravane de voyageurs s’est rendue à la frontière de Tecate (aussi le nom d’un bière bon marché mexicaine). Traverser la frontière fut un peu comme la scène dans “Les Douze Travaux d’Astérix” qui a lieu à la maison des fous et est certes emblématique de notre expérience Mexicaine.

En premier lieu, il faut avoir une assurance automobile qui couvre au minimum la responsabilité civile. Hélas, aucune compagnie d’assurance automobile canadienne n’accepte de couvrir au Mexique (et il se peut que cela leur soit interdit). Heureusement, un petit strip mall bien déprimant du côté américain de la frontière contenait deux bureaux d’agents d’assurances et le tout s’est réglé relativement rapidement et sans trop de tracas.

Ensuite, il faut se rendre à la frontière (nos amis européens eux devaient en premier lieu passer à la douane américaine pour faire leur check-out). Ici il faut comprendre que nous avions pris la peine de lire à propos des normes et procédures mexicaines pour la douane et l’immigration. En principe, il y a une inspection et un confiscation de plusieurs types d’aliments, notamment viandes, légumes, fruits, etc. Également, la documentation officielle indique qu’il faut avoir un rapport datant d’au maximum 10 jours d’un vétérinaire pour traverser avec des chiens, en plus de toute une panoplie de vaccins et certificats de traitement. Nous avions tout, sauf que notre lettre de bonne santé des chiens datait de deux mois (soit du Canada). Nous avions décidés de tenter notre chance puisque les autres voyageurs auxquels nous avions parlés affirmaient tous que personne ne nous embêterait avec les chiens à la frontière terrestre.

Lorsqu’on s’est présenté à la douane, un homme souriant est entré dans le VR, a regardé les enfants, les chiens, nos passeports et nous a ensuite dit de passer la frontière. Ouep! C’était tout!

– Ah non, pas tout à fait dit-il, Il faut passer l’immigration aussi. Mais vous ne pouvez pas rester ici, votre véhicule est trop gros. Entrez au pays, allez vous stationner plus loinpuis revenez remplir la documentation d’immigration pour votre famille ainsi que l’importation du véhicule.

Il a regardé les chiens de près car ils ne voient pas beaucoup de Dachsunds au Mexique, mais ne m’a pas demandé de documentation… Nous avons décidé de ne pas poser de questions supplémentaires.

Donc on me laissait entrer au Mexique sans avoir de visa valide et sans tracas pour les chiens!

Dans la ville, nous cherchons à nous garer, tourne, tourne, tourne… pas de stationnement. Bon, ok! On stationne illégalement à proximité de la frontière car tout le monde semble se stationner illégalement dans des endroits interdits ici. J’allume la climatisation pour Geneviève, les enfants et les chiens puis je tente d’aller au bureau d’immigration et d’importation de véhicules. Ah, non, on ne peut pas y aller même si c’est tout juste de l’autre côté de la rue, il faut faire le tour, c’est à dire marcher jusqu’à la zone neutre entre les douanes américaines et mexicaines puis revenir à la douane mexicaine. Un beau circuit de 400m, même si le VR est juste en face de la douane.

Je me présente au bureau d’immigration mais il y a une longue file. La file du bureau pour l’importation du véhicule est plus courte, j’y vais pour sauver du temps. J’attends, puis à mon tour j’explique que je veux importer mon véhicule mais on m’informe que mon véhicule ne peut pas être importé si je n’ai pas mon visa d’entrée au pays (ce qui est étrange car ils accordent une importation de 10 ans pour le véhicule, peu importe la durée du visa). Bon ok… je retourne au bureau d’immigration et j’attends. Quand c’est mon tour on me dit que même si j’ai toute la documentation il faut que ma famille soit présente (oui, la famille qu’ils ont laissés entrer au Mexique déjà). Alors je quitte le bureau d’immigration et je marche et traverse la frontière piétonne. Il n’y a ni gardes ni barrières ni caméras. Je viens de re-pénétrer au pays sans contrôle de mes papiers!

Donc, Geneviève, Isaac et Loïc m’accompagnent à l’immigration qui est l’autre bord de la rue du VR en faisant le beau détour de 400m. On attend, on passe au bureau, on nous remet une facture qu’il faut payer pour que le Visa soit émis. On nous dit qu’il faut payer au même bureau qui importe les véhicules. Alors on y retourne, on attends encore, on paye. On retourne au bureau d’immigration et l’agent nous émet nos visas… et nous offre de nous vendre du miel ou de la sauce piquante à bas prix. Quoi? C’est un manque total de professionnalisme. Alors j’ai fait la seule chose raisonnable. J’ai acheté de la sauce épicée.

Maintenant on nous indique qu’il faut aller importer notre véhicule, donc on retourne au même bureau où nous avions payés la facture pour les Visas. On refait la file… et hop! On importe le véhicule. Sauf que non. Elle demande des COPIES des visas et des enregistrements. ARGH. Donc on sort, Geneviève et les enfants vont au VR et l’air climatisé. Je fais des photocopies à un petit bureau privé en face des douanes qui n’offre qu’un service: des photocopies de documents pour les douanes. Je fais des copies de tout, incluant passeports, enregistrements, assurances, permis, visas, tout. Juste au cas.

Je refais le détour de 400m pour revenir de l’autre bord de la rue du petit bureau de copies. Je fais la file… je remets mes documents pour importer mon véhicule. Excellent! Eh bien non. Il a déjà été importé par l’ancien propriétaire. C’est transférable mais ça prend les documents originaux. Je ne les ai pas, je n’ai que le collant officiel apposé au pare-brise car c’est tout ce qui est requis pour circuler.

C’est à ce moment qu’on me dit qu’il va falloir faire remplir des documents par l’ancien propriétaire. Alors ici je veux spécifier que je n’ai pas “pété ma coche”, je suis resté calme (je crois) mais j’ai laissé savoir que ce n’était ni possible ni raisonnable. La dame derrière le comptoir m’a finalement dit qu’elle allait faire annuler l’ancienne importation mais qu’il fallait approcher le véhicule (il était de l’autre bord de la rue et elle exigeait que je le stationne directement devant la douane. Illégalement. Bon, on s’y remet!

Je re-pénètre au Mexique sans me faire contrôler, je déplace le VR (non sans mal), je refais le détour de 400m, je refais la file, la dame vient avec moi, prends quelques notes, puis me dit de la rejoindre à son bureau. Elle passe directement, je tente de la suivre, mais on me dit de faire le détour de 400m encore. ARGH! Respire, respire. Je fais le détour. J’arrive à son bureau, elle me remet une feuille et me dit que je dois la faire signer au bureau d’immigration pour autoriser l’annulation de l’ancienne importation du véhicule et autoriser la nouvelle importation.

Est-ce que vous êtes sur le bord de perdre la boule? Parce qu’à ce point, moi, j’étais à deux cheveux.

Donc je retourne au bureau d’immigration, je refais la file, on signe mon document puis je retourne au bureau d’importation des véhicules. Cette fois-ci la dame a dû lire quelque-chose dans mon visage car elle m’a fait signe de sauter la file et en un rapide quart d’heure (argh!) a complétée l’importation du VR.

Et voilà, nous étions au Mexique… près de 5 heures plus tard. Soupir collectif.

Notre petite caravane s’est réunie à un petit restaurant de Tecate pour prendre un premier repas mexicain authentique et quelques cervezas pour décompresser de notre expérience douanière. Puis, hop! Quelques heures de route pour s’éloigner de la frontière qui a tendance à être la région la plus dangereuse au Mexique. Mais le reste de nos aventures en Baja feront l’objet d’un autre article. Également, vous aurez remarqué le manque de photos dans cet article. Vous comprendrez qu’il ne nous est jamais venu à l’esprit de photographier les douanes!

Pour l’instant, je laisse en haleine en vous montrant une photo de pêche de la Baja, parce que je peux!

California Dreaming

Redwoods National Park

-Article par André

Ah, la Californie! Vite, dites moi ce à quoi vous pensez quand vous entendez le nom de cet état? Soleil, plages et Hollywood, n’est-ce pas? Certes, nous avons eu notre dose de tous ces éléments, mais sachez que nous avons connu une plus grande diversité d’expériences et de biomes en Californie seule que lors de tout notre précédent voyage. C’est épatant de constater la variété de la faune et la flore, des paysages et des villes ici.

En traversant la frontière de l’Oregeon vers la Californie, nous avons tout d’abord été surpris de voir un contrôle rigoureux à la frontière. Il y avait une quasi-douane où ils contrôlaient pour le bois et les produits agricoles. Puis ce fut le temps d’explorer Redwood National Park, où l’on peut voir les plus grands arbres du monde… et de la pluie. Beaucoup de pluie. J’imagine que c’est ce qui les aide à grandir! Nous avons réussis à résister à la majorité des attrappe-touristes, à l’exception d’un tronc d’arbre que Geneviève tenait absolument à visiter: La One Log Home. C’est une “maison” construite à l’intérieur d’un tronc d’arbre évidé. Pour 2$ on s’est dit: “pourquoi pas?”. Un troupeau énorme de Wapitis se prélassants à la sortie du parc marqua parfaitement la fin de notre visite des Coast Redwoods.

Un grand arbre.
La One Log House

Après avoir marché dans la forêt, il nous fallait nous rassassier: cap vers sonoma county et ses nombreux vignobles! Geneviève a résussie à nous dénicher à prix raisonnable trois sessions de dégustation de vins (oh que je t’adore!). Les autres détails de notre séjour ici sont un peu flous. Je suis certain que le vin n’a aucun lien avec ma mémoire défectueuse…

Mas Vino!!!

Puis ce fut le tour d’explorer San Francisco. Encore une fois, nous furent heureux d’avoir trainés avec nous nos vélos. San Francisco est en effet une “vraie” ville. Dense, urbaine, à échelle humaine, confortable et plaisante à explorer à pieds et singulièrement hostile envers les gros véhicules. Nous nous sommes garés un peu à l’extérieur du noyau urbain et avons pédalés jusqu’au vieux port, où il nous était ensuite possible de prendre le transport en commun pour se déplacer. À noter que nous avons fait notre première réunion avec Lars et Charlotte ( le couple allemand avec le beau campeur 4×4, rencontrés en Oregon) ici-même, passant une soirée avec eux sur la plage à faire des Sushis!

Dodo ici? Ouep!

Nous avons certes vu les icones célèbres que sont le Golden Gate Bridge et Alcatraz mais, hélas, les “cable cars” n’étaient pas en opération lors de notre passage! Une visite au musée des “cable cars” était certes plaisante mais pas tout à fait aussi satisfaisante qu’un tour l’aurait été. Il y avait tant de choses à voir et à faire. Notre visite s’est essentiellement composée de longues marches exploratoires dans le but de voir tous les gros “musts”. Néanmoins nous n’avons fait qu’égratigner la surface. J’ai bien envie de revenir explorer cet endroit une autre fois. J’en prends note dans mon calepin.

Alcatraz con alcatraces.
Les maisons sont croches!
Je sais, ce sont des lions de mer. Mais les enfants les appellent des phoques. Vous devriez voir comment réagissent les américains anglophones.

Nous avions l’intention de nous diriger ensuite vers Yosemite mais avons changés nos plans au dernier moment lorsque Etelvina, une autre grande voyageuse, organisa un petit rassemblement au Sequoia National Park par l’entremise d’un groupe Facebook pour voyageurs francophones. Si le Redwoods National Park renferme les plus grands arbres du monde, le Sequoia National Park possède les plus gros arbres du monde (par volume). J’ai moi-même été en mesure d’observer le General Sherman Tree. Je confirme, il est gros. Très, très, très, très gros. Le climat et la végétation étaient également bien différents de ceux du parc Redwoods. Le premier étant très humide et avec un sous-bois dense alors que Sequoia nous présentait un climait plus aride et une végétation bien plus sparse. Le reste de nos trois jours dans le parc furent passés à socialiser avec trois autres groupes de voyageurs et a permis aux enfants de se faire de nouveaux amis (qu’ils furent bien tristes de quitter).

D’autres voyageurs comme nous.
Big tree 2

Nous avons quitté nos collègues voyageurs afin de répondre à l’invitation de Carlo, un autre voyageur que nous avions rencontrés en Oregon et qui nous invitait à venir souper chez lui (et utiliser sa douche, alors pas question de refuser!). En route vers son village, nous avons fait un petit “pit stop”dans un canyon pour se prélasser deux jours dans des hot springs absolument splendides. Geneviève en particulier a fort apprécier siroter un bon vin californien assise dans un bassin aménagé par des membres de la communauté locale.

Suite à ce petit repos bien mérité nous nous sommes présentés à la porte de Carlo qui demeure à Ridgecrest, une petite ville en plein milieu du désert et situé à l’entrée de Death Valley. Carlo nous a régalé en préparant un met typique philippinois. Les enfants furent heureux d’avoir accès à une télévision pour la première fois depuis notre départ (nous avons trichés un peu et les avons laissés regarder beaucoup de dessins animés). C’est lors de la soirée que nous avons appris que Carlo était retraité de la base militaire située à ridgecrest, qui est en fait une base de recherche d’armement et une base aérienne. Il nous a averti que les F-18e américains aimaient bien surprendre les touristes dans Death Valley en les “buzzant”. C’est-à-dire en passant au dessus d’eux en vol à altitude extrêmement basse. Nous avons eu la chance de se faire “buzzer” le lendemain en entrant dans Death Valley et je vous assure que j’aurais été en mesure de lire le nom du pilote inscrit sur le côté de l’avion si je n’avais pas été sur le bord d’avoir une crise cardiaque.

Carlo!

Death Valley. Le premier endroit où nous avons vraiment eu besoin de notre air climatisé. C’est un lieu très difficile à décrire en mots. Heureusement nous avons des photos! Néanmoins, nous avons croisés un nombre impressionnant de Burros, avons achetés du vrai moonshine américain (whiskey maison) et vus la voiture de Charles Manson. Ah, et bien sûr nous avons conduits jusqu’au point le plus bas en amérique. Il faisait chaud. Le plus surprenant toutefois c’est que puisque le climat est extrêmement sec, la sueur s’évapore immédiatement, de sortes que si on est à l’ombre, on est extrêmement confortable.

Burro

Les parcs et les petites villes, c’est bien mais Las Vegas, c’est mieux! Nous nous sommes garés derrière un hotel pour dormir quelques nuits et avons rencontrés Stéphanie et Deborrah, un couple français qui voyage également avec des enfants d’âges proches aux nôtres. Les petits sont rapidement devenus inséparables. Nous avions pris rendez-vous avec Etelvina pour traverser avec elle et une autre famille que nous ne connaissions pas la frontière Mexicaine. Par pur hazard, c’était la famille de Stéphanie et Deborrah! Que le monde des voyageurs est petit.

Repas de débauche à Vegas
Vieux centre-ville de Vegas

Nous avons passés le plus clair de notre temps sur la “strip” et dans le vieux centre-ville. Oui, il y avait beaucoup de seins nus et d’alcool, mais également toute une panoplie de spectacles gratuits et oeuvres architecturales intéressantes à voir.

Nous avons également organisés une deuxième réunion avec Charlotte et Lars au même moment que notre pompe à eau a décidée de se mettre à couler. Heureusement j’ai réussi à trouver un réparateur qui avait la pompe en stock et qui en prime me l’installait, pour la somme totale modique de 200$. Normalement je suis du genre à tout faire moi même mais vue le prix raisonnable j’ai pour la première fois appuyé sur le bouton simple. Stéphanie et Déborrah ont également fait appel à ses services par la suite pour réparer leur système de recharge de batteries.

Ensuite il était temps d’aller se reposer. Hop! Trois jours sur le bord du réservoir créé par le barrage Hoover à faire la farniente (et se faire réveiller la nuit par des burros!). Nous avons manqués de propane et d’eau. C’est bien la seule raison pour laquelle nous avons quittés notre emplacement idyllique. Nous n’aimons pas trop rebrousser chemin mais avons dû retourner à Vegas pour faire le plein et c’est pourquoi nous en avons profités pour aller dormir une fois de plus au même stationnement et aller voir quelque spectacles de nuit que nous avions manqués (notamment le volcan devant l’hôtel Oasis).

Quelques jours de repos
Le volcan!

La Route 66 m’appelait, surtout après que Stéphnie et Deborrah nous eurent envoyées des photos spectaculaires de ladite route. Bon, les voies faisaient 9’ de large et Pumbaa notre VR en fait 9’ 4”, il n’y avait pas de garde-corps à plusieurs endroits et les américains conduisent mal en ta******k, ne sachant pas rester dans leur voie, mais ça en valait le détour. Les paysages étaient tout droit sortis du film “Cars” et nous avons visités un “ville fantôme” où nous avons entre-autre vus des voleurs dévaliser une banque et se battre à coups de revolvers contre le shérif. Ah, et Geneviève s’est faite charger par un burro. J’avais mentionné que la ville était infestée de burros?

Route 66
Gunfighters

Par la suite, pourquoi pas un peu plus de désert? Mojave cette fois. J’ai promptement enlisé le VR tout près des célèbres dunes chantantes (lorsque le vent fait s’écouler le sable sur leur surface ils produisent un son similaire au Didgerydoo). Heureusement, 4 marines sont venus à notre rescousse et nous avons passés le reste de la soirée (après avoir coucher les garçons), à boire le moonshine et jouer à “cards against humanity”. J’ai découvert que j’ai l’esprit plus tordu que des marines… pas certain que ce soit une bonne chose. M’enfin…

Pousse pousse pousse de la fonte, pour oublier la honte.
Oui, c’est bien moi avec une planche de surf sur le dos. 🙂

C’était maintenant le temps de Harry Potter. Euh, pardon, Los Angeles. Nous avons tentés de visiter cette ville mais honnêtement, c’est énorme et il n’y a pas de “noyeau”. Il y a des autoroutes partout et elles mènes toutes à un strip mall ou stationnement de Wal Mart. Toutefois, nous avons passés deux beaux jours à Universal Studios et les enfants ont particulièrement apprécés visiter le village de Préolard (Hogsmeade) et le château de Poudlard (Hogwarts). Néanmoins, Universal est très mal adapté pour les enfants, la quasi-totalité des attractions étaient interdites à Loïc. Même ceux basés sur un film d’enfant comme les films des Minions. L’expérience globale fut positive et les enfants portent depuis cette visite une toute nouvelle attention lorsque je leur lit les livres de Harry Potter le soir avant le coucher.

Oui, la musique des films jouait!
Kapow! Waterworld.

Notre prochain arrêt majeur fut Oceanside et ici aussi nous avons fait une belle rencontre: Thomas et Camille qui voyagent avec un garçon de 8 ans et une fille de 5 ans. J’ai perdu le fil de temps mais je crois que nous avons passés 7 jours consécutifs ensemble. Nous avons faits la plage la première journée et les enfants se sont rapidement liés d’amitié. San Diego fut ensuite toute une épreuve: presque impossible de trouver de l’eau et notre toilette étant brisée, j’ai été obligé de faire un arrêt afin d’acheter une pièce pour la réparer. Je l’ai réparée, mais impossible de la réassembler: le fabricant utilise des boulons qui se cassent lorsqu’on démonte la toilette et ils ne les vendent pas. J’ai donc dû jeter une toilette en parfait état et en acheter une nouvelle. C’est inconcevablement irresponsable de la part du fabricant et cette pratique devrait être illégale vu son impact nocif sur l’environnement (et le consommateur).

Bien oui, une photo de ma toilette neuve!

Camille et Thomas ayant choisis de se joindre à la caravane pour traverser la frontière, le groupe s’est donné rendez-vous à un point de camping sur terre publique près de Tecate. Toutefois, Camille et Thomas, qui étaient à environ 30 minutes devant nous sur la route, se présentèrent sur place pour voir une barrière leur bloquer la route alors même que le soleil se couchait (il devient souvent difficile de trouver des endroits plats, sécuritaires et légaux dans le noir). C’est alors que le propriétaire du ranch en face de la barrière est sortit pour les inviter à passer la nuit sur son terrain.

“Oui, mais, euh, il y a quatre autres véhicules qui s’en viennent.”

“Pas de problème, j’ai de la place!”

Et c’est ainsi que notre famille, Camille et Thomas, Stéphanie et Deborrah, Etelvina et René ainsi que Gérard et Maryse (un nouveau couple que nous ne connaissions pas qui voyagent en Westfalia de deuxième génération) se sont retrouvés sur le “Chicken Ranch” de Doug. Autours d’un beau feu nous avons joués de la musique (en fait c’était uniquement Geneviève qui jouait de la musique) et chantés des chansons, principalement en français car Doug était ravi de découvrir la culture francophone.

Le convoi au chicken ranch avec Doug.
La fête de Loïc au chicken Ranch avec des petits gâteaux emballés.

Et bien sûr, les enfants étaient aux anges avec tant d’amis réunis au même endroit. Et… comme par hasard, c’était la fête de 4 ans de Loïc. Le lendemain, le convoi s’est rendu jusqu’à la frontière et nous avons traversés au Mexique. Mais les détails de cette journée particulière et des particularités particulièrement particulières des Douanes Mexicaines sont réservés pour notre prochain post.

Pour l’instant, sachez que chaque jour sur la route est un peu meilleur que le dernier et qu’on ne cesse de faire des rencontres uniques et mémorables.

Washington et l’Oregon: notre rencontre avec le Pacifique

-Geneviève-

Seattle fut la première grande ville que nous avons rencontrée aux États-Unis. Nous y avons visité le très connu Pike market, un énorme marché longeant le bord de l’eau. Nous y avons aussi découvert le premier Starbucks et une ruelle couverte de gommes balounes!

Nous avons ensuite fait cap sur Portland une ville de « hipsters ». Parmi nos plus belles découvertes il y a eu le plus petit parc du monde (haha). Nous avons aussi fait un arrêt dans un wonderland (cinéma à 3$ et arcades à 15 cents). Nous avons terminé notre soirée avec un tour de train aérien.

Avec un prix d’entrée pour l’Oregon zoo à 9$ le 2e mardi du mois, il était difficile de dire non. La journée fut mémorable. Voyez par vous même.

Nous avions besoin de grand air alors nous avons pris le chemin de la Pacific highway. WOW! Une vue à couper le souffle. Dès notre premier arrêt dans un turnout nous avons pu admirer une dizaine de baleines grises. C’est dans ce même petit turnout que nous avons rencontré Mel et Carlo des voyageurs avec qui nous avons passé une admirable soirée près des baleines. Nous reverrons Carlo sous peu puisqu’il nous a invité à aller pêcher près de chez lui à Mammouth lake.

Dans une petite ville qui à suivit (Harrisburg) sur une baie nous avons pu admirer des lions de mer se disputer une place de choix pour se faire dorer au soleil.

placeholder://

Puis nous avons vu des gens pêcher le crabe. Il fallait essayer! Nous nous sommes alors procurés un filet et des cuisses de dinde (oui de la dinde). Nous avons cherché l’endroit parfait et il y en avait plusieurs.

Alors pour pêcher il faut attacher l’appât au fond du filet (dinde,poulet,poisson) et le lancer au bout du quai sur n’importe quelle baie longeant l’océan. 5 minutes plus tard on le remonte et on ressort une dizaine de crabes. Les rouges sont une espèce invasive alors on les gardes et les bruns on garde seulement les mâles de 5 3/4 pouce.

C’est dans la même baie que l’on cueille les palourdes. À marée basse, il faut seulement creuser le sable pour les extraires. Nos enfants creusent des trous partout depuis ce jour là.

Le soir suivant, alors que nous pensions avoir trouvé un stationnement sur la plage, nous avons fait la rencontre de Lars et Charlotte qui nous ont fait constater que si nous y restions nous allions avoir les pieds dans l’eau à 1:00 du matin. Peu importe puisque nous avions fait une belle rencontre. Nous nous reverrons probablement souvent puisque notre trajet est le même jusqu’en Argentine.

J’adore l’odeur de la mer, le son des vagues, les phoques qui se font la course dans les baies, ce sentiment d’immensité quand on regarde au loin.

La côte pacifique des États-Unis nous aura permis de faire la rencontre d’une riche vie marine.

Nous lui disons au revoir pour aller explorer les arbres géants et les grandes villes du sud. Nous vous en parlerons dans le prochain article.

D’Edmonton à Abbotsford (juste en dehors de Vancouver)

Article par André

https://www.polarsteps.com/FamilleAGIL/2196249-les-voyages-de-la-famille-agil

« Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!!! »

-Loïc lorsque nous descendions les côtes dans les rocheuses.

Je dois dire que j’attendais depuis un bail l’Ouest, grand O, les interminables champs de canola des Prairies ayant quelque-peu engourdis mes sens, mais surtout mon sens de l’aventure. Ce fut un délicat travail d’équilibre de garder les enfants divertis et mobiles tout en réussissant à parcourir de grandes étendues de… eh bien de rien! À partir d’Edmonton, le tout a été bien plus facile puisqu’il y avait soudainement des choses à voir et à faire!

Justement, en parlant d’Edmonton, j’avais envie de sauter la ville mais Geneviève tenait vraiment à aller au (maintenant détrôné) plus grand centre d’achats du monde. Nous y avons passés quelques heures à marcher et certes, c’est grand, et un véritable temple dédié à la consommation, mais en bout de ligne ce n’était pas trop pour nous. Cela étant dit, je dois admettre qu’il aurait été impardonnable de passer par Edmonton sans s’arrêter au West Edmonton Mall. Nous avons ensuite mis le cap au sud pour voir deux musées bien bien différents l’un de l’autre.

Je tenais mordicus à ce qu’on passe par Drumheller pour aller au Royal Tyrell, dont la spécialité est… les dinosaures! Geneviève a eu beaucoup de temps libre lors de notre traversée de la mer de maïs centrale canadienne a lue un article parlant du Gopher Hole Museum, un endroit qui empaille des chiens de prairie et confectionne des dioramas cocasses pour les exposer. Ma chère conjointe, qui est notre chef navigatrice, a structurée notre itinéraire afin de pouvoir y passer en route vers le musée des dinosaures. Les enfants on adorés!

Ensuite, enfin arrivés à Drumheller, quel soulagement de trouver enfin un peu de topographie. Surtout après les praires où tout est plat(te), et vide, . Quelle fut notre surprise de tomber (pardonnez le calembour) sur le Horse Thief Canyon qui semble sorti tout droit d’un film Western américain. Pour ma part je dois ajouter que c’était un véritable soulagement de trouver un endroit où l’on ne voit pas venir les voitures en sens inverse pendant une heure sur l’autoroute.

Les enfants (Isaac, Loïc et moi-même!) ont, encore une fois, fort appréciés l’expérience. Isaac avait reçu il y a deux ans un oeuf de dinosaure pour Noël. Après l’avoir placé dans l’eau, un bébé stégosaure avait éclos. Depuis ce temps il cherche sa maman. À peine arrivés à Drumheller Isaac a repéré une statue de stégosaure. Il est allé fouiller dans sa boîte à jouets jusqu’à ce qu’il trouve le bébé dinosaure, il l’a ensuite déposé sur sa « mère » et lui a dit adieu!

Ensuite un petit repos bien mérité à Calgary avant de mettre le cap vers le Lac Louise.

Nous sommes bien heureux de nous être arrêtés au célèbre et très turquoise Lac Louise car, tout comme le West Edmonton Mall, il serait impardonnable de ne pas s’y arrêter. Toutefois, l’expérience de la journée a laissé un goût quelque peu amer dans nos bouches. Ce que le belle photo ci-haut ne montre pas ce sont les hordes de touristes se baladant, cellulaire à la main, en pleine conversation facetime. Vous ne voyez pas non-plus les filles Instagram en habits yoga faisant les mille et une poses pour un photographe en avec leur selfie sticks. Bref, oui, c’est beau. Mais ce n’est plus vraiment un lieu calme et serein, d’autant plus qu’il nous a fallu stationner à 15 minutes du lac et prendre une navette payante pour y accéder.

Le sentier de marche le long du Lac Louise

C’est donc un peu déçus que nous avons résumer notre route vers le nord, en direction de Jasper. Nous avions l’intention de nous arrêter dans le coin du Columbia Icefield et Geneviève a passée le plus clair de son temps à regarder par la fenêtre dans le but de voir de la faune locale. Ses efforts ne furent pas sans porter fruit: un ours noir et plusieurs chèvres.

Bêêêêêêê!

La route que nous avons suivi, la Icefields Parkway, est sans aucun doute la route la plus scénique que nous ayons eu le plaisir de suivre jusqu’à présent. À tous les virages il y avait des vues panoramiques à couper le souffle avec d’immenses montagnes bordées de lacs et rivières turquoises.

L’un des innombrables lacs turquoises le long de la Icefields Parkway

C’est le long de cette route que j’ai vu devant nous un VR que je reconnaissais! Nous avions fait plusieurs rencontres à Québec lors d’une réunion de gens voulant voyager sur les routes de l’amérique. L’un des couples à qui nous avions parlé, P-A et Madeleine (http://toietmoienvadrouille.com/en/ ) ont un Tioga bien distinct et aisément reconnaissable. Je me suis rangé dans le but de leur laisser une petite note leur laissant savoir où nous avions l’intention de camper ce soir là (car ils étaient de toute évidence partis prendre une marche). C’est au même moment que nous nous apprêtions à quitter qu’ils revinrent de leur balade et nous avons rapidement organisés une petite randonnée et soirée impromptue aux Columbia Icefields.

Pumbaa pré-baptème stationné au Columbia Ice Fields
Une petite balade jusqu’à la base du glacier. C’est aussi la meilleure photo de P-A et Madeleine, malheurement!

Le lendemain nous avons fait un petit saut à Jasper pour une belle randonnée en montagne puis Geneviève a trouvée sur iOverlander (l’application que nous utilisons pour trouver du camping gratuit) un lieu tout juste à la sortie du parc où nous pensions pouvoir rester quelques jours pour nous reposer. Eh bien nous y avons séjournés 4 nuits!

Une randonnée en famille tout près de Jasper

L’endroit est une ancienne scierie et les locaux s’en servent régulièrement comme lieu de camping. Quelle fut notre surprise lors de la deuxième journée lorsque P-A et Madeleine se stationnèrent à nos côtés. Après notre rencontre fortuite nous avons pris le cap vers l’Ouest et eux vers l’Est. En cours de route ils ont changés d’idée par pur hasard se sont arrêtés au même endroit que nous! Ici nous avons pu faire notre lavage, faire des feux à tous les soirs et prendre le temps de cuisiner des egg rolls maison (merci Geneviève).

Notre route vers le sud continua ensuite et, honnêtement, nous ne savions pas trop à quoi nous attendre. La prochaine destination majeure que nous voulions atteindre était Kelowna mais en passant par la petite ville de Barriere, nous avons vus une affiche intriguante: Rodeo today.

Un Rodéo? Il fallait aller voir.

Yeehaw!

Cowboys? Check. Taureaux? Check. Chevaux? Check. Lassos? Check. Course de tracteurs de jardin modifiés? Check. Ouep, c’était bel et bien un Rodéo. Nous avons décidés d’y passer la journée car combien de fois a-t-on la chance de voir un véritable rodéo western dans sa vie?

S’ensuivent Kamloops, au paysage digne d’une BD de Lucky Luke puis la charmante Kelowna avec sa météo plaisante, son centre ville charmeur, ses plages invitantes, d’innombrables pistes de randonnée et de vélo et ses fermes fruitières surabondantes. Le temps étant limité, nous avons optés pour la plage et le vélo en montagne sur une ancienne voie ferrée. Quelle surprise inattendue!

Ah oui, j’allais oublier. Nous avons terminés notre séjour à Kelowna en allant cueillir des fruits. Nous rêvions depuis longtemps des pêches énormes et juteuses de la vallée de l’Okanagan mais il était impératif de les cueillir nous-mêmes! On nous avait informés que les kiosques permettant l’autocueillette se faisaient rare en raison des touristes qui mangeaient tous les fruits sans les payer! Nous avons néanmoins réussis à trouver l’un des derniers endroit affichant U-PICK et en avons profités.

Le ventre plein de pêches et de poires, il nous fallait quelque-chose pour nous aider à digérer. Les Harrisson Hot Springs étaient justement sur notre route (ok, peut-être que c’était un petit détour). Un petit bain chaud nous a fait beaucoup de bien et donné l’énergie nécessaire pour continuer notre voyage. C’est ici que nous avons pris la décision d’éviter Vancouver et d’aller directement vers Seattle, en traversant la frontière tout près d’Abbotsford. Pourquoi sauter Vancouver? Tout simplement parce que nous avions déjà visité la ville et que notre objectif réel demeure l’amérique latine.

Nous avons traversés la frontière américaine le 7 septembre et venons tout juste de visiter la splendide ville émeraude (Seattle). Définitivement une ville à ajouter à ma liste des endroits où j’aimerais possiblement vivre. Toutefois, nous vous réservons les détails pour notre prochain article qui parlera sans doute de la première partie de notre voyage le long de la côte ouest américaine.

A plus tard les amis!

Le baptême de notre villa sur roue

Quand on a trop de temps, on fait toutes sortes de folies. C’est ainsi que stationnés au bout du monde perdus dans les Rocheuses nous avons décidé de baptiser notre vr.

On est en plein dans l’apprentissage des rituels de naissances dans les cours d’ECR d’Isaac alors il a eu droit à une grande messe. Après lui avoir donné un nom, nous lui avons chanté une chanson et l’avons arrosé à grande eau parce qu’il était sale notre Pumbaa.

Puis, une séance de relooking s’imposait pour qu’il ait sa personnalité propre alors on travaille sur un logo mais on a déjà fait quelques modifications extérieures.

Pourquoi Poumbaa me direz vous?

Hé bien, la vie devrait être Hakuna Matata. Il avancera un certain temps découvrir le monde en toute simplicité et sans attaches. André veut que je précise qu’il est souvent très sale…🙄 pff…. c’est même pas vrai 🤥.

Bref, je vous inviterais bien pour une pendaison de crémaillère mais c’est loin pas mal alors pour les curieux voici quelques photos des entrailles de la bête.